Côte d’Ivoire - Après Pretoria. Pourquoi pas une élection référendaire ?

Le Dr. Antoine Ahua Jr., ancien conseiller du prof. Mamadou Koulibaly parle depuis son exil canadien. Rappelons que Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale ivoirienne, est taxé invariablement d’extrémisme par le pouvoir français : l’armée française a tiré sur les populations civiles ivoiriennes en nov. 2004, mais c’est le fait d’avoir protesté contre cela qui est extrémiste ! La Côte d’Ivoire a une Constitution, votée par référendum en 2000 à 86 % des voix, mais c’est refus de la voir piétinée par les décisions de Marcoussis de 2003 qui est extrémiste ! L’ancien conseiller de Mamadou Koulibaly, Antoine Ahua a proposé une solution concernant l’article 35 de la Constitution que la «communauté internationale» exige de voir modifier. À l’heure où l’on attend la parole de Thabo Mbeki sur ce point précis, l’article 35, Antoine Ahua revient sur sa proposition, une «élection référendaire». Proposition qui mérite d’être entendue. Quelques rappels avant son explication sur ce dont il s’agit.

Notre Voie - 8/4/2005 9:30:45 PM : «Après le conclave de Pretoria : Gbagbo cède et met les rebelles sous pression» (http://news.abidjan.net/h/125356.html) :

Extraits :

«Depuis le Canada où il a été consigné par son pays, la Côte d’Ivoire, pour ne plus gêner les rebelles chers à Jacques Chirac, Dr. Antoine Ahua Jr. a pris connaissance de l’accord de Pretoria. Voici son analyse et ses recommandations aux patriotes ivoiriens (…)» :

«Le seul choix qui s’offre au Président Gbagbo pour obtenir la paix maintenant sans la compromettre à long terme, c’est d’opter pour l’organisation d’une élection référendaire ouverte à tous. Le Président gagnerait la paix par la candidature de ADO, mais ne la compromettrait pas en s’abstenant d’ouvrir la Constitution sous la menace des armes.»

«Que les Ivoiriens sachent que la médiation de Thabo Mbeki est le dernier des sommets ! Si nous laissons passer ce train, le prochain sera un voyage Paris - Abidjan, un vol nolisé bourré de snipers pour nous faire encore des coups fourrés. Choisissons la tutelle temporaire et honnête de Thabo Mbeki afin d’éviter le protectorat permanent de Napoléon Chirac.»

«Le Président Gbagbo doit saisir la présence de l’ONUCI et la venue prochaine de forces sud-africaines pour demander le non-renouvellement du mandat de la Licorne dans quelques semaines.»

Quelques jours auparavant, dans L’intelligent d’Abidjan N°468 - 25/3/2005 : «Dr Antoine Ahua Jr, déplacé de guerre ivoirien, au Canada Une élection référendaire ouverte à tous»
(http://www.lintelligentdabidjan.org/Quotidien/index.php?p=409) :

«(…) Je voudrais rappeler ici certaines de mes prévisions sur la crise ivoirienne qui se sont avérées justes mais qui m’ont valu prématurément le titre d’intellectuel déconnecté et monomaniaque, même par mes pairs du camp républicain :
1- C’est «La guerre de la France contre la Côte d’Ivoire» (cf. le livre : Mamadou Koulibaly dir., La guerre de la France contre la Côte d’Ivoire, Paris, L’Harmattan, 2003). Un document à relire comme celui de Nostradamus. Tout ou presque tout ce qui s’est passé, y est prédit.
2- La France fera durer la rébellion jusqu’en octobre 2005. Puis, elle dira : «Le mandat de Gbagbo est terminé; il faut mettre la Côte d’Ivoire sous tutelle». Ceci, je l’ai dit le 24 mai 2003, à la télévision, comme invité du journal de 20h, soit deux ans plus tôt.
3- Marcoussis n’est pas applicable pour la seule raison que l’esprit de ses articles impose des changements auxquels doivent se soumettre impérativement les absents à Marcoussis, en l’occurrence le Président de la République, l’Assemblée nationale, le Conseil constitutionnel et le peuple ivoirien. Marcoussis était donc à prendre ou à laisser. Le prendre, c’est accepter le coup d’État constitutionnel en transformant les amendements proposés en lois sans les dénaturer, c’est-à-dire sans les discuter à l’Assemblée nationale. Le laisser, c’était conserver le gouvernement de Affi N’guessan et faire face à la musique.
4- Les Casques bleus vendront consacrer la sécession du pays et non désarmer les rebelles. Les résolutions du Conseil de sécurités ne sont pas exécutoires. Elles se discutent, s’acceptent ou se rejettent. On ne m’a pas crû. Pourtant, j’en étais tellement certain que j’ai failli y laisser ma peau. Moi, le déconnecté, le haut-parleur de Mamadou Koulibaly pas assez tropicalisé, me voilà à présent seul à avoir eu raison.
5- Les mandats de l’ONU, donnés à la Licorne, sont caducs dès lors que le 43e BIMA a perdu la légitimité de sa présence en Côte d’Ivoire en rendu caduc l’Accord de défense franco-ivoirien. Il nous faut un débat public avec la France. La population a droit à l’information. Voilà ce que je réclamais. En effet, l’Accord de défense mentionne que les deux armées françaises et ivoiriennes sont uniques sur le plan opérationnel mais différentes sur le plan juridictionnel. Le refus de la France d’appliquer l’Accord est une mutinerie armée contre l’État ivoirien. Selon la Charte de l’ONU, la Côte d’Ivoire est en droit de défendre elle-même sa population et son intégrité territoriale. Pour ce faire, elle n’a pas de permission de qui que ce soit.»

L’intelligent d’Abidjan - 26/3/2005 (suite de l’article précédent) :

«Un référendum direct a un résultat binaire. C’est Oui ou c’est Non. On perd ou on gagne. Premièrement, faire un référendum sur l’amendement de la Constitution présuppose donc l’existence d’un esprit démocratique tel que les perdants se rallient. Or, au regard du référendum sur la Constitution, tenu les 23 et 24 juillet 2000, adopté avec 86% des suffrages et approuvé par tous les partis politiques, et, malgré tout, de la guerre subséquente en guise de protestation, il y a lieu de craindre que la répétition de l’exercice référendaire ne se fasse pas dans un climat serein. Cela, d’autant plus qu’un résultat défavorable aux révisionnistes pourrait amener les Déstabilisateurs du régime à accuser le camp présidentiel et ses patriotes d’avoir usé de leur droit démocratique et d’avoir fait campagne pour le Non. Deuxièmement, un résultat favorable aux révisionnistes les conduirait à traduire immédiatement ledit résultat en terme de majorité alassaniste et à l’extrapoler sur les élections présidentielles ultérieures dont la seule issue anticipée et acceptable pour eux serait la victoire de ADO. Troisièmement, la tenue d’un référendum exige les mêmes conditions de préparation d’une liste électorale fiable que les élections. De ce fait, les dates du référendum et des élections seraient très rapprochées compte tenu de l’échéance fixée en octobre 2005 pour les présidentielles. Enfin, quatrièmement, peut-on trouver une formule d’amendement de l’article 35 qui fasse consensus entre les révisionnistes et les partisans du statu quo ?»

Notre Voie - 8/4/2005 (article cité) :

«Une option que j’ai déjà proposée dans la presse et qui est passée silencieuse comme un pétard mouillé, alors que je croyais avoir inventé une bombe, devrait attirer un peu d’attention, soit une élection référendaire ouverte à tous. Celle-ci permettrait à chaque camp d’atteindre ses objectifs sans nuire à ceux de l’autre. Le “G7” aurait son économie de temps puisque l’élection et le référendum seraient simultanés et ADO serait candidat. Le camp présidentiel n’aurait pas à violer la Constitution et à rendre ADO éligible sous la menace des armes. En fait, le sort de ADO et celui de la Constitution seraient confiés au verdict du peuple. En effet, si ADO obtenait la majorité absolue des votes, condition pour être élu président, le peuple aurait logiquement accepté sa candidature, et donc la révision de l’article 35 de la Constitution. Dans le cas contraire, le peuple aurait choisi un candidat éligible d’office comme Président et la Constitution resterait inchangée.»