Chirac, ses faux électeurs et la «crise ivoirienne»
Le Courrier d’Abidjan — Parution N° 814 du mercredi 13 septembre 2006—
http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14862 :
«Le blog de Théo : Chirac et ses faux électeurs»
par Théophile Kouamouo :
«La France, fatiguée de se cacher derrière les rebelles, a elle-même engagé la bataille des listes électorales en Côte d’Ivoire. Lors de son discours à l’occasion de la Conférence des ambassadeurs de France, Jacques Chirac a ajouté un nouveau slogan à sa litanie habituelle sur la Côte d’Ivoire. Les élections ne doivent plus être «libres», «transparentes» et «ouvertes à tous». Elles doivent être fondées «sur des listes électorales renouvelées». Mais toutes les listes électorales, dans tous les pays normaux, sont mises à jour avant chaque échéance. Il a fallu que Brigitte Girardin (ministre française de la Coopération) parle pour que les choses soient claires. «Mettre à jour, on sait ce que cela veut dire. Retrancher les morts et ajouter les plus de 18 ans, ce qui est totalement insuffisant. Ainsi que l’a dit fin août Jacques Chirac, il faut des listes électorales renouvelées. Hors de question d’aller aux élections avec celles de 2000, qui ont été contestées par tout le monde, y compris par Thabo Mbeki», a-t-elle dit à Jeune Afrique. Notons au passage la manip : Thabo Mbeki ne s’est jamais opposé aux listes électorales de 2000, de même que c’est sur la base de ces listes qu’ont eu lieu les législatives, les municipales et les départementales dont la régularité a permis à la Côte d’Ivoire de renouer avec les bailleurs de fonds internationaux.
Que veut faire la France ? Mettre sur les listes électorales des adultes qui n’ont jamais été inscrits, ni en 1990, ni en 1995, ni en 2000. Où étaient-ils ? Bien entendu, on évoquera des sans-papiers n’ayant jamais eu d’état-civil, qui n’ont jamais plaidé leur cause pendant toute leur existence et qui s’évaporent dès que des mesures de contrôle leur sont opposées.
Pendant ce temps, en France, quinze élus et anciens fonctionnaires proches de Jacques Chirac sont au tribunal pour une affaire de fraude électorale. Ils auraient introduit dans la liste électorale, pour les municipales à Paris, des personnes vivant loin de la capitale française… donc normalement non électrices. Des électeurs «étrangers». Des «faux électeurs». «Le vrai responsable, c’est Jacques Chirac. Nous avions des consignes pour «faire du monde», qui venaient du président du RPR», révèle Gérard Merle, ex-militant du parti de Jacques Chirac, mouillé dans l’affaire. Les amis du président français risquent un an de prison et d’être frappés d’inéligibilité. Motif ? «Manœuvres frauduleuses de nature à porter atteinte à la sincérité d’un scrutin». C’est exactement la définition des magouilles que le système Chirac organise en ce moment en Côte d’Ivoire.»
http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14862 :
«Le blog de Théo : Chirac et ses faux électeurs»
par Théophile Kouamouo :
«La France, fatiguée de se cacher derrière les rebelles, a elle-même engagé la bataille des listes électorales en Côte d’Ivoire. Lors de son discours à l’occasion de la Conférence des ambassadeurs de France, Jacques Chirac a ajouté un nouveau slogan à sa litanie habituelle sur la Côte d’Ivoire. Les élections ne doivent plus être «libres», «transparentes» et «ouvertes à tous». Elles doivent être fondées «sur des listes électorales renouvelées». Mais toutes les listes électorales, dans tous les pays normaux, sont mises à jour avant chaque échéance. Il a fallu que Brigitte Girardin (ministre française de la Coopération) parle pour que les choses soient claires. «Mettre à jour, on sait ce que cela veut dire. Retrancher les morts et ajouter les plus de 18 ans, ce qui est totalement insuffisant. Ainsi que l’a dit fin août Jacques Chirac, il faut des listes électorales renouvelées. Hors de question d’aller aux élections avec celles de 2000, qui ont été contestées par tout le monde, y compris par Thabo Mbeki», a-t-elle dit à Jeune Afrique. Notons au passage la manip : Thabo Mbeki ne s’est jamais opposé aux listes électorales de 2000, de même que c’est sur la base de ces listes qu’ont eu lieu les législatives, les municipales et les départementales dont la régularité a permis à la Côte d’Ivoire de renouer avec les bailleurs de fonds internationaux.
Que veut faire la France ? Mettre sur les listes électorales des adultes qui n’ont jamais été inscrits, ni en 1990, ni en 1995, ni en 2000. Où étaient-ils ? Bien entendu, on évoquera des sans-papiers n’ayant jamais eu d’état-civil, qui n’ont jamais plaidé leur cause pendant toute leur existence et qui s’évaporent dès que des mesures de contrôle leur sont opposées.
Pendant ce temps, en France, quinze élus et anciens fonctionnaires proches de Jacques Chirac sont au tribunal pour une affaire de fraude électorale. Ils auraient introduit dans la liste électorale, pour les municipales à Paris, des personnes vivant loin de la capitale française… donc normalement non électrices. Des électeurs «étrangers». Des «faux électeurs». «Le vrai responsable, c’est Jacques Chirac. Nous avions des consignes pour «faire du monde», qui venaient du président du RPR», révèle Gérard Merle, ex-militant du parti de Jacques Chirac, mouillé dans l’affaire. Les amis du président français risquent un an de prison et d’être frappés d’inéligibilité. Motif ? «Manœuvres frauduleuses de nature à porter atteinte à la sincérité d’un scrutin». C’est exactement la définition des magouilles que le système Chirac organise en ce moment en Côte d’Ivoire.»