“Poudrière identitaire”… réactions à la projection (1)
Politique - APRES LA DIFUSION DE “COTE D’IVOIRE, POUDRIERE IDENTITAIRE”
Les Ivoiriens réagissent (Soir Info -- Vendredi le 17 Aout, 2001)
-- Dinguy’s Aimé N’DA & Colette OUEDRAOGO (Stagiaires) --
M. Bahoua Serges ( bachelier) : “Si c’était un génocide prémédité, il y aurait eu plus de morts” Je crois que le film est le bienvenu. On voulait voir ce film tant attendu dans le monde entier. C’est pour diviser notre pays. J’ai apprécié l’intervention de Ben Soumahoro au cours du débat. Il nous a démontré que le producteur de ce film n’avait pas les moyens pour financer ce film. Dieu merci qu’on a retrouvé la paix sociale. Il faut se pardonner. Le film a été axé sur le charnier de Yopougon qui comprend 57 morts. Si c’était un génocide prémédité, il y aurait eu plus de morts. Il nous a tourné en rond. Cela doit permettre à nos dirigeants de faire beaucoup attention. Il a utilisé arbitrairement les professeurs de l’université. Je demande au gouvernement de poursuivre ces gens et que cela ne reste pas impuni. M. Break (enseignant) : “Il faut pouvoir tirer les leçons” Cela m’a choqué. Au départ, compte tenu de ce qu’on a vu après les élections, j’ai été mal à l’aise. Le film a ses côtés positifs. L’auteur a dit que c’est pour prévenir le génocide. Il faut pouvoir tirer les leçons de ce film. Me N’Zi Noël ( avocat) : “Il a jeté l’opprobre sur la Côte d’Ivoire” Je pense que le film a permis d’élucider certaines interrogations. A la vue, il n’y avait pas matière à créer un mystère. C’était un motif de création de germes de conflits. Le film fait plus de mal que de bien. Il a jeté l’opprobre sur toute la Côte d’Ivoire. Si nous continuons à cette poussée de transparence, nous pourrions éviter certaines situations de ce genre. Mlle L.M.M (élève) : “J’ai été choquée” La présentation de ce film m’a beaucoup fait mal. Quand j’ai vu la dame expliquer qu’elle était enceinte et qu’elle a subi des supplices, j’ai été choquée. Toutes ces tracasseries m’ont dépassée. M. Akpali Jean ( rebobineur ) : “Nos universitaires ont bradé notre pays” Je ne sais pas l’objectif visé par le réalisateur. Je crois que c’est un peu salissant pour le pays. D’abord en passant par le chef de l’Etat et aux gouvernants qui tiennent le pouvoir. Lorsqu’on prend des exemples de Hitler et qu’on compare à ces événements, c’est grave. Ce film m’a beaucoup peiné pour la génération actuelle, je suis peiné de voir nos éminents universitaires brader notre pays. Ce sont eux qui ont la charge de former nos futurs cadres. Dans le terroir adjoukrou, on dit : “Quelle que soit la laideur de ton village, on ne peut pas l’indexer avec la main gauche”. Mlle Yao Aya Joëlle ( photographe) : “Ils sont allés trop en profondeur” Cela m’a beaucoup touchée. Je n’aimerais plus jamais que cela se répète. Ils sont allés trop en profondeur. Ils ont montré des corps couchés. C’est révoltant, il ne faudrait pas montrer ce genre de film encore. M. Bahoué (agent de transit ) “Nous avons été complice de ce film” Il n’y avait rien à cacher. Ceux qui sont des universitaires se sont ridiculisés. Ils doivent être responsables de ce qu’ils ont dit. Au niveau du débat, l’essentiel a été dit par le Député Ben Soumahoro. Je pense que l’auteur a fait un bon travail, nous avons été complice de ce film. Nous vivons notre quotidien en parfaite harmonie avec tout le monde. Mlle Ouattara Salimata (secrétaire) “ Des inconnus ont tiré après le film” J’ai été révoltée quand j’ai vu les cadavres. On ne devrait pas nous présenter le film dans certaines parties. A Yopougon Andokoi, après la diffusion de ce film, des individus ont commencé à tirer vers la zone industrielle jusqu’à 4 heures du matin. Nous avions eu peur.