Processus de paix : Des dignitaires du PDCI, du RDR et de l’UDPCI soutiennent l’UA et Mbeki
Le Courrier d’Abidjan - 10/12/2005 7:11:14 PM — http://news.abidjan.net/h/153292.html
Ils ont décidé de rompre le silence après plus de trois années de crise en Côte d’Ivoire. Depuis hier, c’est chose faite et ces dignitaires républicains membres des partis dits Houphouétistes, à savoir le PDCI, le RDR et l’UDPCI, se sont prononcés lors d’une conférence de presse sur la situation socio-politique en Côte d’Ivoire. Présentant une lecture du processus de paix en Côte d’Ivoire diamétralement opposée à celle faite par la ligne Djédjé Mady pro-rebelle {cf. article ci-dessous}, ces barons sont réunis au sein du Mouvement pour la Défense des institutions républicaines (MDIR) – un groupe d’action et de réflexion - dont l’ancien ministre Séri Gnoléba est le Président du Comité national de pilotage. «A 70 ans, nous ne cherchons pas de place, mais il s’agit pour nous d’aider au retour à la paix et à la construction du pays», a-t-il déclaré, au terme de la rencontre avec la presse à son domicile. Entouré entre autres de Dénis Bra Kanon, Auguste Daubrey, Hyacinthe Lérou, Vincent Pierre Lokrou, Alexise Gogoua, Tia Monnet, Oulaï Tiabas, Séri Gnoléba a d’entrée indiqué que les dernières résolutions du sommet de l’Union africaine sur la Côte d’Ivoire contiennent des éléments positifs pour le processus de paix dans le pays. En effet, le MDIR –qui remonte l’origine de cette crise au coup d’Etat de 1999 – félicite la communauté internationale pour la promptitude avec laquelle elle s’est une fois de plus saisie du dossier ivoirien, surtout à l’approche du 30 octobre. Séri Gnoléba et ses camarades ont rendu hommage au Conseil de paix et de Sécurité de l’UA pour ses décisions – entre autres le renouvellement de sa confiance à la médiation Mbeki, le report des élections pour une période n’excédant pas douze mois, la nomination d’un nouveau premier ministre, la convocation d’un forum de réconciliation à Yamoussoukro, la création d’un groupe de travail - traduisant « la maturité des Etats africains et leur capacité de plus en plus affirmée de résoudre eux-mêmes leurs propres problèmes. » Ceux qu’on peut désormais baptiser les «Houphouétistes patriotes» ont affirmé leur soutien sans réserve à l’UA et l’ONU, à la médiation du Président Mbeki «qui conduit sa médiation avec pertinence, méthode et fermeté». Ils ont aussi réaffirmé leur soutien au Président Gbagbo et aux institutions de la République.
Pour Séri Gnoléba, les actions de recherche de la paix doivent aujourd’hui converger toutes vers le désarmement. C’est pourquoi le MDIR prie Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara et leurs différents états- majors de soutenir la nouvelle impulsion que l’UA vient de donner au processus de paix en Côte d’Ivoire en engageant l’exécution des ultimes actions de la feuille de route de la médiation Mbeki : la préparation des élections qui passent par le désarmement.
Robert Kra
Le G7 récuse Mbeki, Gbagbo et pose douze conditions à Kofi Annan - ONU
Le Courrier d’Abidjan - 10/12/2005 7:09:22 PM — http://news.abidjan.net/h/153289.html
La danse des sorcières a commencé à New York. Avant le sommet du Conseil de sécurité sur la crise ivoirienne qui s’ouvre aujourd’hui, les leaders du G7 – dans une lettre à Kofi Annan – ont posé leurs conditions «imparables» pour un retour à la paix en Côte d’Ivoire.
Le sommet du Conseil de sécurité de l’ONU sur la crise ivoirienne, qui se tient aujourd’hui, risque d’être chaud, et très chaud même, vu toute la sorcellerie qui l’entoure déjà. Dans une correspondance en date du 10 octobre 2005, dont nous avons reçu copie, le G7, sous les signatures de Bédié du PDCI, Alassane du RDR, Mabri Toikeusse de l’UDPCI et Anaky Kobena du MFA, a adressé un document de six pages bien pleines à Kofi Annan, pour lui poser ses conditions pour une paix effective en Côte d’Ivoire. Attardons-nous sur ses points essentiels. Dans la lettre en effet, le G7 affiche clairement sa «volonté de récuser le maintien du Président Gbagbo pour 12 mois encore, à la tête de la Côte d’Ivoire, comme décidé à Addis-Abeba». Ce groupement politique, sous les coups de boutoir de ses maîtres à penser, ne s’arrête pas là. Il «récuse aussi la présence du président Mbeki comme médiateur dans la crise ivoirienne». En lieu et place du président sud-africain, le G7 propose une médiation pilotée par l’ONU elle-même. Mais ce n’est pas tout. Le G7 pose, en sus, des conditions «grandeur nature» à Kofi Annan, destinataire de la correspondance. Non content de récuser Gbagbo, le G7 demande encore la suspension de tous les pouvoirs du chef de l’Etat, au profit du prochain Premier ministre de la transition d’après 30 octobre, un Premier ministre qu’il veut – selon la volonté de RFI _ «très très fort». Pour ce groupement politique – tel que demandé à Annan _ le nouveau Premier ministre devra avoir des pouvoirs exclusifs. Il devra procéder, seul, à la nomination des membres de son gouvernement qui seront responsables devant lui seul et désignés sur la base des partis signataires des accords de Marcoussis. Il déterminera seul leurs attributions et y mettra fin en cas de manquements. Ce Premier ministre version G7 devra être seul à signer et à promulguer les lois, à les impulser et à prendre toutes décisions judiciaires. La nomination des ambassadeurs plénipotentiaires sera aussi de son seul ressort, de même que la réception des lettres de créance des ambassadeurs et autres diplomates étrangers. Il devra être le chef suprême des armées et disposer de pouvoirs exceptionnels en cas de situation de crise. Il déterminera et gérera seul aussi la politique nationale, puis déléguera certains de ses pouvoirs aux ministres, le cas échéant. Négocier et ratifier les accords et traités internationaux lui reviendront également de droit exclusif et, enfin, il nommera le Président du Conseil constitutionnel, de même que les membres des institutions. Voici les douze conditions du G7 pour que la guerre s’arrête en Côte d’Ivoire. En bon dépositaire exclusif du chaos en Côte d’Ivoire, le G7 appelle M. Annan à bien réfléchir sur l’opportunité des choix qu’il devra opérer dès ce matin. Cette lettre reçue le 10 octobre au soir par Kofi Annan et dont ont reçu copies MM. Ould Abdallah, représentant de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest ; Pierre Schori, représentant de l’ONU en Côte d’Ivoire et Antonio Monteiro, autre représentant spécial de l’Onu, chargé des élections, est un véritable hymne à la guerre, avec son ton à peine contenu de menace de chaos dans le pays si ces « lois » ne sont pas prises par Annan. Il est pire que Marcoussis et ramène au surplace observé jusqu’ici.
William-Varlet ASIA
Ils ont décidé de rompre le silence après plus de trois années de crise en Côte d’Ivoire. Depuis hier, c’est chose faite et ces dignitaires républicains membres des partis dits Houphouétistes, à savoir le PDCI, le RDR et l’UDPCI, se sont prononcés lors d’une conférence de presse sur la situation socio-politique en Côte d’Ivoire. Présentant une lecture du processus de paix en Côte d’Ivoire diamétralement opposée à celle faite par la ligne Djédjé Mady pro-rebelle {cf. article ci-dessous}, ces barons sont réunis au sein du Mouvement pour la Défense des institutions républicaines (MDIR) – un groupe d’action et de réflexion - dont l’ancien ministre Séri Gnoléba est le Président du Comité national de pilotage. «A 70 ans, nous ne cherchons pas de place, mais il s’agit pour nous d’aider au retour à la paix et à la construction du pays», a-t-il déclaré, au terme de la rencontre avec la presse à son domicile. Entouré entre autres de Dénis Bra Kanon, Auguste Daubrey, Hyacinthe Lérou, Vincent Pierre Lokrou, Alexise Gogoua, Tia Monnet, Oulaï Tiabas, Séri Gnoléba a d’entrée indiqué que les dernières résolutions du sommet de l’Union africaine sur la Côte d’Ivoire contiennent des éléments positifs pour le processus de paix dans le pays. En effet, le MDIR –qui remonte l’origine de cette crise au coup d’Etat de 1999 – félicite la communauté internationale pour la promptitude avec laquelle elle s’est une fois de plus saisie du dossier ivoirien, surtout à l’approche du 30 octobre. Séri Gnoléba et ses camarades ont rendu hommage au Conseil de paix et de Sécurité de l’UA pour ses décisions – entre autres le renouvellement de sa confiance à la médiation Mbeki, le report des élections pour une période n’excédant pas douze mois, la nomination d’un nouveau premier ministre, la convocation d’un forum de réconciliation à Yamoussoukro, la création d’un groupe de travail - traduisant « la maturité des Etats africains et leur capacité de plus en plus affirmée de résoudre eux-mêmes leurs propres problèmes. » Ceux qu’on peut désormais baptiser les «Houphouétistes patriotes» ont affirmé leur soutien sans réserve à l’UA et l’ONU, à la médiation du Président Mbeki «qui conduit sa médiation avec pertinence, méthode et fermeté». Ils ont aussi réaffirmé leur soutien au Président Gbagbo et aux institutions de la République.
Pour Séri Gnoléba, les actions de recherche de la paix doivent aujourd’hui converger toutes vers le désarmement. C’est pourquoi le MDIR prie Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara et leurs différents états- majors de soutenir la nouvelle impulsion que l’UA vient de donner au processus de paix en Côte d’Ivoire en engageant l’exécution des ultimes actions de la feuille de route de la médiation Mbeki : la préparation des élections qui passent par le désarmement.
Robert Kra
Le G7 récuse Mbeki, Gbagbo et pose douze conditions à Kofi Annan - ONU
Le Courrier d’Abidjan - 10/12/2005 7:09:22 PM — http://news.abidjan.net/h/153289.html
La danse des sorcières a commencé à New York. Avant le sommet du Conseil de sécurité sur la crise ivoirienne qui s’ouvre aujourd’hui, les leaders du G7 – dans une lettre à Kofi Annan – ont posé leurs conditions «imparables» pour un retour à la paix en Côte d’Ivoire.
Le sommet du Conseil de sécurité de l’ONU sur la crise ivoirienne, qui se tient aujourd’hui, risque d’être chaud, et très chaud même, vu toute la sorcellerie qui l’entoure déjà. Dans une correspondance en date du 10 octobre 2005, dont nous avons reçu copie, le G7, sous les signatures de Bédié du PDCI, Alassane du RDR, Mabri Toikeusse de l’UDPCI et Anaky Kobena du MFA, a adressé un document de six pages bien pleines à Kofi Annan, pour lui poser ses conditions pour une paix effective en Côte d’Ivoire. Attardons-nous sur ses points essentiels. Dans la lettre en effet, le G7 affiche clairement sa «volonté de récuser le maintien du Président Gbagbo pour 12 mois encore, à la tête de la Côte d’Ivoire, comme décidé à Addis-Abeba». Ce groupement politique, sous les coups de boutoir de ses maîtres à penser, ne s’arrête pas là. Il «récuse aussi la présence du président Mbeki comme médiateur dans la crise ivoirienne». En lieu et place du président sud-africain, le G7 propose une médiation pilotée par l’ONU elle-même. Mais ce n’est pas tout. Le G7 pose, en sus, des conditions «grandeur nature» à Kofi Annan, destinataire de la correspondance. Non content de récuser Gbagbo, le G7 demande encore la suspension de tous les pouvoirs du chef de l’Etat, au profit du prochain Premier ministre de la transition d’après 30 octobre, un Premier ministre qu’il veut – selon la volonté de RFI _ «très très fort». Pour ce groupement politique – tel que demandé à Annan _ le nouveau Premier ministre devra avoir des pouvoirs exclusifs. Il devra procéder, seul, à la nomination des membres de son gouvernement qui seront responsables devant lui seul et désignés sur la base des partis signataires des accords de Marcoussis. Il déterminera seul leurs attributions et y mettra fin en cas de manquements. Ce Premier ministre version G7 devra être seul à signer et à promulguer les lois, à les impulser et à prendre toutes décisions judiciaires. La nomination des ambassadeurs plénipotentiaires sera aussi de son seul ressort, de même que la réception des lettres de créance des ambassadeurs et autres diplomates étrangers. Il devra être le chef suprême des armées et disposer de pouvoirs exceptionnels en cas de situation de crise. Il déterminera et gérera seul aussi la politique nationale, puis déléguera certains de ses pouvoirs aux ministres, le cas échéant. Négocier et ratifier les accords et traités internationaux lui reviendront également de droit exclusif et, enfin, il nommera le Président du Conseil constitutionnel, de même que les membres des institutions. Voici les douze conditions du G7 pour que la guerre s’arrête en Côte d’Ivoire. En bon dépositaire exclusif du chaos en Côte d’Ivoire, le G7 appelle M. Annan à bien réfléchir sur l’opportunité des choix qu’il devra opérer dès ce matin. Cette lettre reçue le 10 octobre au soir par Kofi Annan et dont ont reçu copies MM. Ould Abdallah, représentant de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest ; Pierre Schori, représentant de l’ONU en Côte d’Ivoire et Antonio Monteiro, autre représentant spécial de l’Onu, chargé des élections, est un véritable hymne à la guerre, avec son ton à peine contenu de menace de chaos dans le pays si ces « lois » ne sont pas prises par Annan. Il est pire que Marcoussis et ramène au surplace observé jusqu’ici.
William-Varlet ASIA