L’UA rejette la transition, Diarra s’en va - Sommet d’Addis-Abeba

Le Courrier d’Abidjan - 10/6/2005 7:08:13 PM — http://news.abidjan.net/h/152306.html

Le Conseil de sécurité et de Paix (CSP) de l’Union africaine réuni à Addis Abeba hier, a statué sur la crise ivoirienne et a rendu son verdict.

Il était 18h05 hier à Abidjan, lorsque nos correspondants à Addis-Abeba, en Ethiopie ont lancé l’information. «Le Conseil de sécurité de l’UA vient de donner son verdict. Il est favorable au maintien au pouvoir pendant douze mois du président Laurent Gbagbo et à la nomination d’un nouveau premier ministre accepté de tous, chargé de former un nouveau gouvernement. La médiation Mbeki est aussi appelée à continuer puis à terminer son travail pendant cette période. En clair, le désarmement des rebelles, le redéploiement de l’administration sur l’ensemble du territoire national et la mise sur pied d’un processus électoral fiable seront encore son affaire, à travers le PNDDR». L’autre fait marquant de ce sommet, c’est la défection des présidents comploteurs de la CEDEAO. Aucun d’entre eux n’a osé faire le déplacement d’Addis-Abeba, ils se sont fait représenter. Toute chose qui montre, selon un analyste politique au fait du dossier ivoirien, qu’ «ils ont eu peur d’avoir honte, car nous avons été de ceux qui ont toujours dit que ces chefs d’Etat ne viendraient pas à Addis-Abeba pour regarder le médiateur Mbeki droit dans les yeux et dire à l’Assemblée ce qu’ils ont toujours eu le courage de dire en son absence ou en coulisse». Wade, Compaoré, ATT, Bongo et autres n’ont donc pas eu le courage d’aller achever l’œuvre qui consistait à plaider pour une transition sans Gbagbo. C’est donc dans un climat relativement sain que Meles Zenawi, premier ministre d’Ethiopie et président de séance, les présidents Obasanjo du Nigeria, président en exercice de l’UA, Thabo Mbeki d’Afrique du Sud et médiateur dans la crise ivoirienne et enfin Omar El Béchir du Soudan, ont passé en revue la crise ivoirienne. Ceci, bien sûr, en collaboration étroite avec les autres membres du CPS, représentés par leur délégation respective. Tous ont pris d’assaut l’Africa Hall, pour «défendre avec la dignité africaine le dossier ivoirien», selon un délégué angolais. Cette résolution africaine sur la Côte d’Ivoire appelle quelques réflexions. La proposition de nomination d’un nouveau Premier ministre indique clairement que Seydou Diarra est sur la sellette. Il n’est plus évident que ce monsieur, considéré par la médiation Mbeki comme l’un des éléments essentiels du blocage dans le processus de paix, soit reconduit. Que ce soit Mbeki ou son ministre de la défense, M. Lekota, ils ont toujours souligné l’indolence du locataire de la Primature, en ce qu’il n’a jamais eu le courage de faire asseoir un programme cohérent de travail, ni de faire suivre le plan de désarmement qu’il était chargé de faire assumer. L’homme est aussi usé par l’âge et serait même malade actuellement. Autre fait important jamais rendu public, c’est que même à Abuja, il a été question, en coulisse, du départ de l’actuel locataire de la Primature. Diarra out, il reviendra à Gbagbo de nommer un nouveau Premier ministre et de former un gouvernement au sein duquel les noms de René Amani, Mgr Ahouana et Honoré Guié sont déjà les plus cités à la Primature. D’autres noms comme ceux de Henri César Sama, de Essy Amara et de Tidiane Thiam – proposés à Marcoussis et refusés par la France – sont aussi inscrits sur le calepin du chef de l’Etat. Place maintenant au Conseil de sécurité de l’ONU qui doit donner force de loi et des moyens de coercition aux résolutions de ce sommet, dès le 13 octobre prochain.

William-Varlet ASIA