Péan — Kouchner : le Rwanda et le «cosmopolitisme»
«La principale motivation anti-Kouchner de Péan : la position du ministre sur le Rwanda»
«Des rescapés du génocide rwandais "étaient saisis de peur à l'évocation" du nom de Pierre Péan, "une émotion qui dans les références qui sont les miennes ne peuvent que me rappeler l'effet du nom Faurisson sur les rescapés de la Shoah"». C'est ce qu'affirmait il y a quelques mois l’ancien président de l’UEJF, au procès où Péan comparaissait pour «incitation à la haine raciale pour son ouvrage sur le Rwanda "Noires fureurs, blancs menteurs"» (publié en novembre 2005). Cf. ci-dessous, un article du 25.09.08*.
Et voilà à nouveau le Rwanda version Péan — et la réapparition de glissements et connotations similaires…
La gazette d'@rrêt sur images, n° 58 — par Daniel Schneidermann :
«Pierre Péan sort de nos bureaux. Et je viens de raccompagner à la porte un homme blessé, blessé par mes questions, et qui a brusquement quitté le plateau avant la fin de l'interview. C'est la première fois que cela nous arrive, dans la courte histoire du site. Suis-je sorti de mon rôle en interrogeant mon confrère sur les accusations d'antisémitisme qui lui sont adressées par Kouchner et ses défenseurs, après la publication de son livre-choc "Le monde selon K." ?
Vous jugerez.
En arrivant, il m'avait dit ressentir douloureusement ces accusations d'antisémitisme. Je l'avais prévenu que je l'interrogerais notamment sur ce sujet. Je savais donc marcher sur des œufs. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas poser les questions.
De grâce, ne vous contentez pas de la fin de l'émission ! Toute la première partie s'est parfaitement déroulée, Péan nous racontant avec une certaine allégresse le lancement du livre. Nous avons un échange intéressant sur le patriotisme et la recherche de la vérité. Il évoque sans réticence sa principale motivation anti-Kouchner : la position du ministre sur le Rwanda. On plonge dans la mécanique intérieure d'un enquêteur de haute volée. C'est en regardant l'image de l'intervention de Kouchner à l'Assemblée que je l'ai vu se rembrunir, exactement à l'instant où le ministre lance que Péan lui reproche d'être "un mauvais Français, aux origines douteuses". Le reste, à vous de le regarder. L'émission est ici (1). Ses meilleurs moments sont là (2). Le résumé du livre est ici (3).
Et pour vous abonner, c'est là (4).» (Daniel Schneidermann)
Kouchner : Péan parle, et quitte le plateau d'@si
envoyé par asi
(1) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1640
(2) http://www.dailymotion.com/video/x8a5ci
(3) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1628
(4) http://www.arretsurimages.net/abonnements-formulaire.php
*Rwanda: accusé de négationnisme, Pierre Péan craque au 2e jour de son procès
PARIS (AFP) - mercredi 24 septembre 2008 - 20h00 -
http://www.izf.net/upload/AFP/francais/special/afrique/AFP.php?content=080924180053.tug9k57c.html:
« L'écrivain-enquêteur français Pierre Péan, poursuivi en justice pour son livre sur le génocide rwandais, a fondu en larmes, mercredi, au deuxième jour de son procès, après qu'un des témoins l'eut comparé à un négationniste.
C'est l'intervention de l'ancien président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Benjamin Abtan, qui a déstabilisé le prévenu qui depuis mardi répond devant le tribunal de Paris de diffamation et d'incitation à la haine raciale pour son ouvrage sur le Rwanda "Noires fureurs, blancs menteurs", publié en novembre 2005 chez Fayard.
Evoquant des rescapés du génocide rwandais qu'il a rencontrés, M. Abtan a affirmé qu'ils "étaient saisis de peur à l'évocation" du nom de Pierre Péan, "une émotion qui dans les références qui sont les miennes ne peuvent que me rappeler l'effet du nom Faurisson sur les rescapés de la Shoah".
Condamné à de nombreuses reprises par la justice française, le négationniste Robert Faurisson conteste depuis plus de 30 ans la réalité de l'Holocauste.
Ayant tenté de remplacer le mot "tutsi" par "juif" dans l'ouvrage de Pierre Péan, l'ancien président de l'UEJF a avoué mercredi n'avoir pu s'empêcher de faire le lien avec Mein Kampf d'Hitler.
Tout en dénonçant "un amalgame intolérable", Pierre Péan a alors fondu en larmes, tandis que le président Philippe Jean-Draeher a suspendu les débats.
Après la suspension de séance, le défilé des témoins a repris. Après l'ancien ministre de la Coopération, Bernard Debré, c'est l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Hubert Védrine qui est venu soutenir Pierre Péan.
"Je ne vois pas ce que vous lui reprochez", a déclaré M. Védrine, stigmatisant "le mauvais procès" fait à l'écrivain. Ces propos sont peut-être "un peu simplistes", mais ne constituent pas "un scandale horrible".
La publication de cet ouvrage de Pierre Péan consacré au génocide rwandais --qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement issus de la minorité tutsie-- avait entraîné en octobre 2006 le dépôt d'une plainte de l'association SOS Racisme.
L'association et le ministère public reprochent à l'écrivain d'affirmer que les Tutsis recourent systématiquement au "mensonge" et à la "dissimulation".
Le procès doit s'achever jeudi soir et la décision être mise en délibéré. »
Concernant les soutiens de Védrine et Debré, ils ne manqueront probablement pas d’être mis en perspective : défendus par Péan dans son livre, les deux sont mis en cause dans le récent rapport rwandais sur le génocide (http://www.rue89.com/files/Rwanda.pdf) :
Hubert Védrine, Secrétaire Général de la Présidence la République à l’époque des faits (1991 - 1995) est cité aux pages 51, 128, 133, 282, 316.
Bernard Debré, Ministre de la Coopération à l’époque des faits (1994 - 1995) est cité aux pages 32, 41, 164, 172, 303, 304, 306, 308.