«Politique africaine de la France. Le suspense continue…»

San Finna, Hebdomadaire burkinabè — N°421-422 du 09 au 22 Juillet 2007 —
http://www.sanfinna.com/UMP.htm

par VT :

"Il va falloir que Nicolas Sarkozy se décide à situer définitivement l’Afrique pour ses intentions par rapport à la rupture promise. Ça commence vraiment à bien faire !

Aussi bien pour les nécessités de la politique française que pour celles des politiques africaines, il importe qu’il dise s’il a sur la question, changé d’avis ou s’il entend respecter sa parole.

A force de maintenir le flou, il encourage les supputations, les calculs, les manigances et colères sur la question.

On ne comprend pas pourquoi il affiche une telle différence de comportement selon qu’il se situe au plan interne ou au plan international sur cette question.

En Afrique, on est réduit à jouer aux pronostiqueurs sinon aux diseurs de bonne aventure. Tantôt on voit dans tel signe (les poursuites engagées contre Bongo et Sassou et celles à venir contre d’autres dont Compaoré) un signal en faveur de la rupture avec les anciennes habitudes de la Françafrique, tantôt on voit dans tel autre signe (l’accueil de Sassou à l’Elysée, la visite annoncée de Sarkozy à Dakar) la perpétuation des bonnes vieilles habitudes de cette « famille ».

Peut-être faudrait-il que la jeunesse africaine, au lieu d’attendre comme Sœur Anne, un signal qui risque de se faire longtemps attendre, prenne les devants d’indiquer de quel côté elle veut que le vent souffle. Les exemples venus de Côte d’Ivoire, du Togo, du Tchad, peut continuer à gonfler la voile et persuader Sarkozy de l’intérêt qu’il y a à respecter sa parole vis-à-vis des Africains comme il le fait des Français."