
« La Shoah est un crime occidental ! Comme l'a été le génocide des Amérindiens, comme l'a été l'esclavage des Noirs [déportés outre-Atlantique], comme l'a été la déportation des Hindous [aux Antilles], comme l'a été l'extermination des Aborigènes australiens, etc...
[…] Si la Shoah est bien une abomination, elle n'a été mise en œuvre, ni par les Nègres, ni par les Amérindiens, ni par les Chinois, ni par les Hindous, ni par les Arabes. Elle a été mise en œuvre par l'Occident. Ce même Occident qui n'a cessé de pourrir la vie des Juifs depuis 2000 ans.
Citons :
Destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en l'an 70 et dispersion du peuple Juif.
Inquisition au Moyen-âge par les Espagnols.
Pogroms au XIXe siècle par les Russes et les Polonais.
Chambres à gaz par les Allemands au XXe siècle.
Rafle du Vel d'Hiv' par les Français au même siècle, etc., etc.
"Le Protocole des Sages de Sion" n'a été rédigé ni en hindi, ni en quechua, ni en swahili, ni en chinois, ni en arabe. C'est un faux grossier, un chef d'œuvre d'anti-sémitisme, concocté par la police tsariste et écrit en russe, langue européenne si je ne m'abuse.
Ce ne sont pas les Juifs vivant dans les pays arabes, les Séfarades, qui ont dû fuir comme des dératés pour s'en aller construire un état où ils seraient enfin libres mais bien les Juifs d'Europe, les Ashkénazes, parce qu'ils avaient compris qu'ils ne pouvaient plus vivre sur ce continent. Quand la France arrive, par exemple, en Algérie, en 1830, elle découvre trois populations vivant en relative harmonie, les Arabes, les Berbères et les Juifs. Certes, en terre musulmane, le Juif avait un statut inférieur, dit "de protégé" car peuple du Livre, mais on n'a jamais entendu parler, ni au Maroc, ni en Tunisie, ni au Yémen d'entreprise scientifiquement élaborée d'extermination du peuple juif. »
(Cit. «Raphaël Confiant répond à Alain Finkielkraut». Le texte en entier : http://ugtg.org/IMG/article_PDF/article_981.pdf)
Raphaël Confiant rappelle là quelques évidences ; le produit, en forme de serpent qui se mord la queue, d’une idéologie appelée «racisme».
Car à la différence de la xénophobie, immémoriale, commune à tous les peuples, et de forme invariablement ethnocentrique, le racisme est l’élaboration d’une théorie, «philosophique», puis «scientifique», de la version européenne - ou «occidentale» - de l’ethnocentrisme.
Il est daté, bâti à la fois sur l’anti-judaïsme remontant l’Antiquité, et «racialisé» par l’Inquisition espagnole (limpiezza de sangre) ; et sur l’épreuve de l’ethnocentrisme européen précipitée lors de l’expansion européenne et de la découverte d’autres peuples. La date de 1492 fait évidemment repère (expulsions d’Espagne et découverte de l’Amérique, puis déportations esclavagistes).
La théorie puise dans des racines antérieures, internes à l’Europe ou empruntées via des confrontations mimétiques. L’emprunt à la dhimmitude musulmane, qui commençait aussi à élaborer des théories de type raciste (ici aussi en lien avec des déportations esclavagistes massives), est évident (ex. : l’usage de la rouelle jaune pour les juifs reprise au Moyen Âge au califat abbasside).
Reste que le racisme est une théorie, qui, sous sa forme structurée, a été élaborée en Occident, où le terme n’était, jusqu’en 1945, nullement péjoratif.
La théorie raciste qui prend forme au XVIIIe siècle (développée notamment chez les philosophes les Lumières) et qui culmine au XXe siècle, connaît des invariants : au sommet de la hiérarchie des «races» trône invariablement le «blanc», puis la perfection humaine se dégrade vers «les races inférieures» (ou à l’inverse par du bas, animal, et culmine vers la «race blanche». Dans les zones inférieures de cette hiérarchie en revanche, les choses varient un peu, par exemple pour savoir quelle est la dernière (il y a débat pour savoir si ce sont les Indiens d’Amérique ou les Nègres). Outre les quatre grandes « races », blanc, jaune, noir, rouge, il y a aussi des subdivisions, plus, notamment pour les nazis, l’aberration intermédiaire, les juifs.
Quelles que soient les subdivisions, l’invariant incontournable est que la «race blanche» européenne (à l’exception des juifs) trône au sommet.
Une conviction qui a entraîné tous les massacres rappelés en un très bref résumé dans le texte ci-dessous (de R. Confiant). Massacres qui seront bientôt justifiés au nom d’un darwinisme voulant pour la pureté de la race l’élimination des reliquats inférieurs, ce qui débouchera sur la Shoah.
Ce bref historique permet de comprendre à quel point c’est une supercherie que de parler de «racisme anti-blancs». Que la xénophobie, fruit de l’ethnocentrisme, ait eu parmi ses premiers repères la couleur de l’épiderme et que cela fonctionne dans tous les sens (avec les propres caractéristiques physiques de chaque groupe au centre), c’est évident. Qu’il puisse y avoir un sentiment «anti-blancs», en général appuyé sur l’héritage historique rappelé ci-dessus, ça ne fait pas de doute. Qu’il y ait eu des reprises du discours raciste européo-centré tentant d’en inverser le sens, c’était inévitable.
Mais de théorie raciste élaborée, il n’y en a jamais eu qu’un type, qui n’a jamais été «anti-blancs» ! Et pas «à sens multiples», n’en déplaise à une bien-pensance qui revendique un «anti-racisme» qui ne soit pas «à sens unique» ! La théorie en question classifiait les «races» selon une hiérarchie précise et «à sens unique», dont le «haut» n’était pas le «bas», et, inversement, dont le «bas» n’était pas le «haut»…
Que l’animosité anti-occidentale puisse être injuste (dans la mesure où les générations actuelles ne peuvent rien aux idéologies de leurs ancêtres ni à leurs effets), certes… Cela même, concernant la majorité des Européens lambda, lorsque les effets pervers de cette idéologie sont délibérément entretenus (comme par le système de la Françafrique) — la majorité n’étant pas informée, pour ne pas dire qu’elle est sciemment désinformée.
Quand on sait que cette désinformation touche souvent même les intellectuels et la presse, qui seraient pourtant censés informer les autres !… le terrain est fertile pour le développement de l’idée de «racisme anti-blancs», accompagnée de remarques sur le sous-développement des ex-colonies, dont on ignore (même chez les intellectuels) les causes essentielles…
Un tel concept, « racisme anti-blancs » est donc le fruit d’une inculture ; et c’est surtout l’effet d’un travail idéologique, initié d’abord par l’extrême droite, et étendu à toutes les sphères de l’éventail politique, ou presque.
Reprendre un tel concept n’est pas innocent…









0 commentaires:
Enregistrer un commentaire