dimanche 23 août 2009

Autre souffle…




« - La bonne action la plus profitable est celle qui consiste à prier pour ses ennemis.
- Comment ! m'étonnai-je. Généralement, les gens ont tendance à maudire leurs ennemis plutôt qu'à les bénir. Est-ce que cela ne nous ferait pas paraître un peu stupide que de prier pour nos ennemis ?
- Peut-être, répondit Tierno, mais seulement aux yeux de ceux qui n'ont pas compris. Les hommes ont, certes, le droit de maudire leurs ennemis, mais ils se font beaucoup plus de tort à eux-mêmes en les maudissant qu'en les bénissant.
- Je ne comprends pas, repris-je. Si un homme maudit son ennemi et si sa malédiction porte, elle peut détruire son ennemi. Cela ne devrait-il pas plutôt le mettre à l'aise ?
- En apparence, peut-être, répondit Tierno, mais ce n'est alors qu'une satisfaction de l'âme égoïste, donc une satisfaction d'un niveau inférieur, matériel.
Du point de vue caché, c'est le fait de bénir son ennemi qui est le plus profitable. Même si l'on passe pour un imbécile aux yeux des ignorants, on montre par là, en réalité, sa maturité spirituelle et le degré de sa sagesse. »


Cela ne rappelle-t-il pas quelque chose ?

C’est du Tierno Bokar…



Tierno Bokar (né en 1875 à Ségou, sur la rive droite du fleuve Niger ; mort en 1939). Ses origines familiales lui apportent, avec le soufisme, la diversité des traditions africaines.

Ainsi, l’étude et la réflexion de Tierno Bokar, fondées sur l’intelligence et la raison l’amèneront à enseigner le respect des traditions. « Respectez-les, dit-il, elles constituent l’héritage spirituel de ceux qui nous ont précédés et qui n’ont pas rompu avec Dieu. »

Tierno Bokar distingue la charia et la mystique. Il s’oppose aux lectures de type wahhabite, voulant une charia des premiers siècles de l’hégire comme règle politique ! La charia est seconde. Elle est seulement l’ensemble des règles (et non pas loi politique !) visant à baliser la vie du croyant en vue de la mystique, qui est le cœur de la vie religieuse, et qui amène à la connaissance. La mystique procède de deux sources : la révélation donnée par Dieu à un prophète ; et l’expérience du croyant qui résulte d’une longue méditation et d’une pratique religieuse approfondie. Le sage qui, par la mystique, atteint la connaissance peut alors adapter son enseignement aux conditions locales dans lesquelles il vit. Le respect des traditions qu’enseigne Tierno Bokar se situe dans ce cadre là.

Proche des anciens soufis persécutés antan par l’islam officiel, il aura aussi des difficultés avec les autorités coloniales françaises, étant contraint de fermer son école (zaouïa)…

*

«La parole est un fruit dont l'écorce s'appelle "bavardage", la chair "éloquence", et le noyau "bon sens".» (Tierno Bokar)

Sources :
http://www.amazon.fr/Vie-Enseignement-Tierno-Bokar-Bandiagara/dp/2020056577
http://www.arelc.org/spip.php?article34
http://www.yabiladi.com/forum/sagesses-tierno-bokar-80-3145575.html
http://aipg.ifrance.com/tiernobokar/tierno.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tierno_Bokar



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