mardi 18 août 2009

Akhenaton et le "monothéisme"




Proverbe chinois : "le sage indique l'étoile et le fou regarde le doigt" !

Transposition pharaonique : "Akhenaton indique le soleil comme désignant la transcendance et le fou regarde le soleil"...

Akhenaton pharaon monothéiste, concède-t-on. Monothéiste, c'est-à-dire "adorateur du 'disque solaire'"...

Ce qui reviendrait à dire non pas monothéiste, mais monolâtre !

"Monothéisme", ce vocable issu de de la "science des religions" européenne du XIXe siècle et qui semble ignorer qu'il n'est aucune culture traditionnelle qui ne reconnaisse un Dieu suprême.

Alors Akhenaton serait monolâtre ?... Adorateur du soleil !...


Akhenaton (avec des traits manifestement moins...
"grecs" que ceux du "palmier d'Égypte", le noir Zénon)



... C'est lire un peu vite son hymne solaire. Où il apparaît nettement qu'Akhenaton connaît, comme les autres Égyptiens, le procédé de la transposition, où un objet visible devient symbole d'une réalité invisible.

Ici le soleil, symbole de la transcendance où tout s'origine. Ce n'est pas le soleil qui est objet de culte, mais ce qu'il signifie...

Il suffit de lire attentivement le fameux hymne à Aton pour percevoir que le disque solaire peut être perçu comme signe d'une lumière qui transcende la lumière physique (en italiques deux exemples de cela - de ce que l'on n'a pas affaire qu'à la lumière physique) :


Hymne à Aton d’Akhenaton

Tu te lèves beau dans l'horizon du ciel,
Soleil vivant, qui vis depuis l'origine.
Tu resplendis dans l'horizon du Levant,
Tu as rempli tout pays de ta beauté.
Tu es beau, grand, brillant. Tu t'élèves au-dessus de tout pays.
Ton rayonnement embrasse les pays, jusqu'aux confins de ta création.
Toi qui es la source de la lumière [Rê], tu les soumets tout entiers,
Les liant tous pour ton fils aimé.
Tu es loin, mais ta présence rayonne sur la terre.
Tu es sur le visage des hommes, et l'on ne connaît pas tes venues.
Quand tu reposes au Couchant, sous l'horizon,
La terre est dans une ombre, semblable à celle de la mort...
À l'aube, tu resplendis dans l'horizon, tu illumines, tu es soleil ;
Dans le jour, tu chasses le sombre lorsque tu donnes tes rayons.
Les Deux Pays s'éveillent en fête, les hommes se lèvent sur leurs pieds,
À cause de toi, ils lavent leur corps, prennent leurs vêtements ;
Leurs bras s'ouvrent pour adorer ton lever,
La terre entière fait son ouvrage...
Tu développes le germe dans les femmes
Et de la semence fais des hommes,
Entretenant le fils dans le sein de sa mère,
Et l'apaisant pour qu'il ne pleure pas ;
Nourrice dans le sein,
Tu donnes à ce que tu crées le souffle qui l'anime.
Quand l'enfant sort du sein... le jour de sa naissance,
Tu ouvres sa bouche et tu pourvois à ses besoins...
Combien nombreuses sont tes œuvres mystérieuses à nos yeux !
Seul dieu, toi qui n'as pas de semblable,
Tu as créé la terre selon ton cœur, alors que tu étais seul,
Les hommes, toutes les bêtes domestiques et sauvages,
Tout ce qui est sur la terre et marche sur ses pieds,
Tout ce qui est dans le ciel et vole de ses ailes ;
Les pays étrangers, Syrie et Nubie, et la terre d'Égypte,
Tu as mis chaque homme à sa place
Et tu pourvois à leurs besoins.
À chacun sa provende et son temps de vie.
Leurs langues sont diverses en paroles,
Leurs caractères aussi et leur teint diffère ;
Tu as distingué les contrées.
Tu crées le Nil débordant des Enfers et le fais surgir par amour
Pour que vivent les habitants, puisque tu les as faits pour toi,
Tous les pays les plus lointains, tu les fais vivre,
Tu leur as donné un Nil qui déborde du ciel
Pour descendre sur eux, battre les coteaux de ses ondées
Et arroser leurs champs entre leurs villages.
Tu es seul à resplendir sous tes aspects de soleil vivant ;
Que tu apparaisses à peine ou que tu sois au comble de l'éclat,
Que tu sois loin ou te rapproches,
Tu as créé des millions de formes de toi seul,
Villes et villages, les champs, les chemins et le fleuve...
Les êtres de la terre se forment sous ta main comme tu les as voulus.
Tu resplendis, et ils vivent ; tu te couches et ils meurent.
Toi, tu as la durée de la vie par toi-même, on vit de toi.
Les yeux sont sur ta beauté jusqu'à ce que tu te couches.
Depuis que tu as fondé la terre, tu les élèves pour ton fils,
Issu de ta chair, le roi des deux Égyptes.


(D’après la traduction de Pierre Gilbert.
A. Eggebrecht, L'Égypte ancienne, p. 238
Cf. http://www.bubastis.be/textes/aton.html
http://www.bubastis.be/religion/dieux/aton.html)



Akhenaton et Nefertiti (sous le symbole du disque solaire)



3 commentaires:

Horacio Caine a dit…

Pour poursuivre la réflexion : http://www.deezer.com/listen-3129833

Horacio Caine a dit…

Pour info j'ai tweeté ce billet chez moi, mais tu ne peux pas le voir :(

delugio a dit…

Merci pour le touit-touit, même secret...